Exposition internationale d'importation de Chine à Shanghai
Johnson & Johnson a annoncé mardi un bénéfice trimestriel légèrement supérieur aux attentes, grâce aux ventes soutenues du Tremfya, un traitement contre les maladies immunitaires.
Les tensions géopolitiques, notamment le conflit au Moyen-Orient, ont cependant pesé sur l'activité de dispositifs médicaux du laboratoire américain.
L'action reculait de plus de 2% avant-Bourse.
J&J a enregistré un chiffre d’affaires de 25,4 milliards de dollars (22,7 miliards d'euros) au troisième trimestre, supérieur à l’estimation moyenne des analystes de 25,28 milliards de dollars, selon les données de LSEG. Le bénéfice ajusté de 2,59 dollars par action a également dépassé les attentes de Wall Street, qui s’élevaient à 2,54 dollars.
Les ventes pharmaceutiques ont bondi de 7,7% au cours du trimestre, pour atteindre 16,76 milliards de dollars. Les ventes de la division des technologies médicales n’ont augmenté que de 2,5%, à 8,6 milliards de dollars au total. Hors des États-Unis, les ventes de cette division sont restées pratiquement stables.
Joe Wolk, directeur financier de J&J, a déclaré lors d'un entretien que le conflit au Moyen-Orient, les mesures d’austérité en Europe et la politique tarifaire en Chine continuaient de peser sur les résultats à l’international, "mais peut-être de manière un peu plus marquée".
Il a précisé que le conflit au Moyen-Orient, qui a entraîné une flambée des coûts du carburant tant aux États-Unis qu’à l’étranger, n’avait pas encore eu d’impact sur les coûts de l’entreprise, mais avait nui aux ventes dans la région.
"Ce sont des pays qui accordent toujours de l’importance à des systèmes de santé haut de gamme et qui en veulent réellement – pensez au Koweït, aux Émirats arabes unis, à l’Arabie saoudite. Ils sont fiers de disposer d’un système de santé solide, d’une très bonne couverture médicale", a-t-il précisé. "Mais leurs budgets sont désormais réorientés et alloués à la défense."
Les ventes de la division Abiomed, spécialisée dans les pompes cardiaques, sont également restées faibles après qu’une étude britannique publiée en début d’année a soulevé des questions concernant l’utilisation des pompes Impella lors de certaines interventions coronariennes à haut risque.
Le groupe avait annoncé à la fin de l’année dernière son intention de scinder sa division orthopédique et s’oriente vers la scission de son activité dédiée aux prothèses de hanche et de genou, a déclaré Joe Wolk au Wall Street Journal.
Les ventes de Tremfya ont progressé de 68% pour atteindre 2,4 milliards de dollars, dépassant les estimations des analystes qui s’élevaient à environ 2,19 milliards de dollars.
Les ventes de Stelara, confronté à la concurrence des génériques, ont elles chuté de 54% pour s’établir à 716 millions de dollars, un chiffre qui reste toutefois bien supérieur aux prévisions de Wall Street, qui tablaient sur 591 millions de dollars.
Tremfya a progressivement compensé la perte de chiffre d’affaires liée à Stelara suite à de récentes autorisations de mise sur le marché pour le traitement des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin.
Le groupe a revu à la hausse ses prévisions de chiffre d’affaires annuel déclaré, portant le point médian à environ 101,2 milliards de dollars, contre 101,1 milliards précédemment. Johnson & Johnson également relevé la fourchette de ses prévisions de bénéfice ajusté, avec un nouveau point médian de 11,10 dollars par action, contre 11,04 dollars auparavant.
L'action J&J a clôturé lundi à 263,73 dollars. Elle a progressé de 27% cette année, surperformant à la fois le marché dans son ensemble et la plupart de ses concurrents du secteur de la santé.
(Michael Erman à New York; version française Matthieu Huchet, édité par Augustin Turpin)

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